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LE MOYEN-AGE : FEODALITE-VIE RELIGIEUSE
 


La féodalité et la vie économique en Trégor au Moyen-Age
La société médiévale bretonne du IXe au XIVe siècle est relativement mal connue par l'insuffisance de la documentation, mais il existe tout de même des événements marquants bien attestés : La lutte contre les Normands avait obligé les seigneurs à s'entendre et à construire des retranchements. Ce furent d'abord des mottes de terre entourées de douves et de haies. Le donjon était en bois. Plus tard, l'on construisit, en pierre, des châteaux et des manoirs fortifiés dont le style évolua au cours des siècles. L'éclosion de la chevalerie est contemporaine du surgissement de ces mottes féodales, car ce sont les chevaliers qui ont tissé des liens personnels avec des nobles plus puissants qui occupent ces habitats fortifiés. Ces relations d'homme à homme sont connues sous le nom de vassalité, le vassal et son seigneur se doivent mutuellement aide et conseil. C'est la naissance et le développement des institutions féodales.

Une fois passé l'an mil, l'apport de techniques nouvelles et l'ouverture progressive de l'économie aux échanges commerciaux entraînent un mouvement de conquête agricole dont le XIIIe siècle verra la terminaison. Dans les campagnes trégorroises domine un type original d'exploitation rurale : le domaine congéable ou convenant. Le seigneur possède le fond, et le paysan les "édifices et superficies", c'est à dire tout ce qui dépasse de la surface du sol, qu'il peut vendre ou transmettre sans avoir à payer de droit de mutation ; le seigneur peut expulser le domanier à la fin du bail, à condition de lui rembourser la valeur des édifices et superficies, ce qui rend en fait les évictions très rares et donne aux paysans une réelle indépendance. Sur les terres ecclésiastiques existait un système plus original encore : la quévaise. Le quévaisier jouissait d'un droit de quasi-propriété et transmettait sa terre à son plus jeune fils (droit de juveignerie), mais il ne devait pas s'absenter plus d'un an et un jour, et devait cultiver au moins le tiers de son exploitation chaque année sous peine de perdre son bien. Le lin se répand à la fin du Moyen-Age et donnera naissance à une importante industrie textile rurale.

Jusqu'au XVe siècle, le paysage est assez dénudé ; les bois sont peu étendus et les haies absentes. Le bocage ne fait son apparition que dans les années 1430-1440, lorsqu'à la suite des grandes pestes les survivants commencent à enclore leurs terres, qu'ils agrandissent en empiétant sur les exploitations voisines abandonnées. En général la population du Trégor a toujours été dispersée : la paroisse de Goudelin par exemple, ne comprenait pas moins de 37 hameaux, de deux à treize familles chacun. Les villes étaient minuscules. Seules Tréguier, Guingamp, Lannion et Morlaix avaient un caractère urbain, avec une population de 3000 à 5000 habitants et des foires, marchés, milieux judiciaires et ecclésiastiques et artisanat. Si Tréguier vit surtout de sa fonction religieuse, Lannion et plus encore Morlaix avaient une fonction commerciale et maritime relativement importante. Trafic de cabotage, portant sur les bois et les pierres de construction, mais aussi grand commerce des vins de Bordeaux, exportation de toiles, de légumes et de fer vers l'Angleterre, importation d'étain. A l'amont des rias, des ports minuscules, comme Pontrieux ou La Roche-Derrien, étaient fréquentés par de nombreux navires de petite taille. Le trafic était souvent perturbé par la piraterie anglaise ou normande. A noter que durant la guerre de Cent ans, aggravée des luttes pour la possession du duché de Bretagne ("guerre de succession de Bretagne 1341-1381") qui opposaient Charles de Blois (soutenu par le roi de France) à Jean de Montfort (soutenu par le roi d'Angleterre), Tréguier, sauf sa cathédrale, fut détruite en 1345 par les Anglais ; en 1346, ceux-ci assaillirent Lannion qui tomba malgré le courage de Geoffroy de Pontblanc.

L'Eglise dans le diocèse de Tréguier au Moyen-Age.
A Tréguier, les pèlerins se rendaient en nombre, surtout depuis qu'en 1347 le pape Clément VI avait canonisé Saint-Yves (Saint patron de la Bretagne). Né en 1253 au manoir de Kermartin près de Tréguier, Yves Héloury, fils d'un petit seigneur, avait très tôt montré des dispositions pour la cléricature. Après avoir étudié aux universités de Paris et d'Orléans, il remplit les fonctions d'official (juge) de l'évêché de Rennes de 1280 à 1284, puis de l'évêché de Tréguier, tout en étant recteur de Trédrez puis de Louannec. Menant une vie austère et charitable, défendant la cause des pauvres, il acquiert une renommée régionale. Mort le 19 mai 1303, il est enterré dans la cathédrale, où un culte lui est spontanément rendu par le peuple. Après sa canonisation (il est l'unique prêtre de paroisse à avoir été canonisé au Moyen-Age), l'anniversaire de sa mort deviendra un jour de pardon, pour lequel afflueront les fidèles de la Bretagne entière, participant à la fameuse procession au cours de laquelle le chef (crâne) du saint est ramené à sa paroisse natale du Minihy. Rapidement les offrandes déposées au tombeau de "l'avocat des pauvres" représenteront l'essentiel des revenus de la cathédrale. Au XVe siècle, la foule des pèlerins est considérable et compte plusieurs célébrités : le duc de Berry, frère de Louis XI, en 1468, et Henri Tudor, futur Henry VII en 1484.

Le Moyen-Age vit aussi se mettre en place l'armature ecclésiastique du diocèse, qui allait constituer le cadre permanent le plus efficace jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Le diocèse, avec ses cent une paroisses et sa trentaine de trèves (succursales), est de taille modeste, et financièrement d'un faible rapport. Il est considéré comme une bénéfice de transition, dans lequel les évêques ne s'attardent guère. En fait, c'est le chapitre qui assure la continuité de l'administration : douze chanoines et deux archidiacres veillent au respect des cérémonies et traditions de la cathédrale. Dans les paroisses, les curés (nommés ici recteurs), souvent d'un niveau médiocre, dirigent la vie religieuse des fidèles dont la foi est fortement imprégnée de superstitions païennes, et qui pratiquent un mélange intime de profane et de sacré.

Le clergé régulier est solidement implanté dans le diocèse. Au centre du Trégor, le plus ancien et le plus prestigieux établissement monastique de la région, l'abbaye cistercienne de Bégard, avait été fondé en 1130. Accumulant les dons, le monastère joua bientôt un rôle économique important. Les inventaires de 1790 lui attribueront 787 articles de propriété, répartis dans 39 paroisses couvrant 4862 hectares.

Les autres maisons religieuses médiévales sont en général des prieurés dépendant de maisons mères situées à l'extérieur. Les ordres mendiants se sont établis dans les petites villes du diocèse où, par leur prédication, ils jouissent d'une popularité considérable : franciscains à Guingamp en 1236, dominicains à Morlaix en 1236 et à Guingamp en 1285, augustins à Lannion en 1373. Au XVe siècle, les franciscains de l'observance, qui tentent de revenir à l'idéal de pauvreté de leur origine, cherchent des sites isolés et austères, en particulier dans les îlots rocheux qui frangent la côte : ils s'établissent aux Sept-Îles en 1451. Mais les conditions de vie s'avérant trop dures, ils se replient à Tréguier en 1483 . Ce sont les besoins en livres liturgiques qui expliquent l'implantation à Tréguier, dès 1485, de l'une des toutes premières imprimeries de Bretagne. C'est d'ailleurs dans cette ville que fut imprimé en 1499 le "Catholicon", fameux dictionnaire "en troys langaiges scavoir est breton franczoys et latin" rédigé par Jehan Lagadec de la paroisse de Plougonven.


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